Entreprises : Le casse-tête du financement des Pme

19 Juillet 2011 par Malick CISS "Le Soleil"

Les Pme au Sénégal éprouvent toujours des difficultés à accéder au financement, faute de banque spécialisée. C’est pour donner des outils aux dirigeants de Pme que l’Adepme a initié un séminaire sur « la prévoyance commerciale et l’accès au financement ».

C’est pour canaliser les Pme que l’Agence de développement et d’encadrement des petites et moyennes entreprises (Adepme) a tenu hier à Dakar un atelier sur la prévoyance commerciale et l’accès au financement. En effet, les Pme éprouvent souvent d’énormes difficultés à obtenir des financements de la part des banques classiques qui demandent de garanties. Un état des lieux constaté, en marge de la cérémonie, par le secrétaire général du ministère des Mines, de l’Industrie, de l’Agro-industrie et des Pme, Samba Mané Diakhaté, venu représenter le chef de ce département, le ministre d’Etat Abdoulaye Baldé.

Au Sénégal, déplore-t-il, il n’y a pas de système financier adapté aux Pme ou de banques spécialisées dans leur financement, contrairement à d’autres pays. « Notre problème, c’est qu’il n’y a pas de banque pour les Pme », a-t-il dit. D’où l’environnement interne et externe très difficile des Pme qui souffrent d’un taux de mortalité élevé, la plupart d’entre elles disparaissant avant d’avoir cinq ans. A son avis, « le financement est le nœud gordien du développement des Pme ». Pour le moment, les Pme se contentent du financement octroyé par les organismes mutualistes qui ont des limites pour lever de gros financements, a-t-il ajouté. Pourtant, les Pme occupent une place non négligeable dans le tissu économique : elles forment 90 % des entreprises, génèrent 30 % des emplois, contribuent à réduire la pauvreté et assurent donc une sécurité économique facteur de croissance. Raison pour laquelle il faut protéger et encadrer les Pme.

Sortir de l’informel
C’est dans ce contexte difficile que M. Diakhaté a salué l’initiative de l’Adepme. Le but de l’atelier, explique la directrice générale de l’Adepme, Marie-Thérèse Diédhiou, c’est de permettre aux Pme d’accéder au marché et de leur faciliter la formation par un renforcement de capacité. La rencontre vise à permettre de savoir comment trouver de nouvelles niches pour la commercialisation des produits, à découvrir les différentes autorisations existantes au Sénégal et à connaître les produits financiers destinés aux Pme. « L’accompagnement de l’Adepme sur le thème de la prévoyance commerciale doit rappeler aux chefs d’entreprises que ce n’est pas le hasard qui fait gagner des parts de marché et des bénéfices, mais une volonté d’adaptation constante à l’environnement à partir d’une méthodologie structurée et opérationnelle ». Magnifiant l’actualité du thème, M. Diakhaté ajoute à l’endroit des bénéficiaires de l’atelier : « dans un contexte de concurrence accrue, les entrepreneurs efficaces sont ceux qui distinguent, par leur capacité à détecter et à utiliser, à leur profit, les opportunités tout en se protégeant des difficultés. D’où le terme « prévoyance».

C’est parce que « l’accès au financement revient chaque fois » que l’Adepme a initié cet atelier, a déclaré la directrice générale de l’agence, Marie-Thérèse Diédhiou. L’objectif final de ce quatrième atelier, c’est de résoudre le casse-tête du financement des Pme, a-t-elle dit. « Il manque des maillons dans le dispositif, il y a un rôle que l’Adepme doit jouer.

Les Pme ont besoin de fonds de garantie par rapport aux banques », a-t-elle poursuivi. Mme Diédhiou a rappelé que la plupart des Pme sont dans le secteur informel. Aujourd’hui, fait-elle savoir, le challenge de l’Adepme, c’est « amener les Pme à se formaliser, à sortir de la culture de l’illégalité pour aller dans le secteur moderne ». Cependant, a-t-elle poursuivi, de plus en plus de Pme sont créés par des personnes diplômées riches d’un excellent profil et dotés d’une capacité à diriger.